La surveillance de l’usage des antibiotiques :

De la planète à la Faculté de médecine vétérinaire

Un mouvement mondial

En 2015, l’OMS a présenté un Plan d’action mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens  et les pays membres se sont engagés à développé un plan d’action national multisectoriel dans les 2 années suivantes.  Pour atteindre ce but, le plan d’action mondial définit cinq objectifs stratégiques:

  • mieux faire connaître et comprendre le problème de la résistance aux antimicrobiens;
  • renforcer les connaissances et les bases factuelles par la surveillance et la recherche;
  • réduire l’incidence des infections;
  • optimiser l’usage des agents antimicrobiens;
  • garantir des investissements durables pour combattre la résistance aux antimicrobiens.

Afin de répondre au deuxième objectif de ce plan les états membres de l’OMS doivent donc « recueillir et notifier les données sur l’utilisation d’agents antimicrobiens en santé humaine et animale et dans l’agriculture afin de pouvoir suivre les tendances et évaluer l’effet des plans d’action. » Les états membres doivent également « renforcer les pratiques vétérinaires et agricoles moyennant l’application des normes publiées dans le Code sanitaire pour les animaux terrestres et le Code sanitaire pour les animaux aquatiques de l’OIE ainsi que dans le Code d’usage du Codex alimentarius FAO/OMS visant à réduire au minimum et à maitriser la résistance aux antimicrobiens. »

En septembre 2016, l’Assemblée générale des Nations-Unies a jugé le phénomène d’antibiorésistance suffisamment important pour adopter une déclaration politique dont la vocation est de combattre la menace mondiale que représente la résistance aux antimicrobiens. Les pays membres se sont engagés à mettre en place un tel plan dans leur pays et à travailler ensemble pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens.

Un cadre d’action pancanadien

En octobre 2014, le gouvernement du Canada a publié « Résistance aux antimicrobiens et utilisation de ces derniers au Canada : un cadre d’action fédéral ». Ce document a été suivi en mars 2015, du «  Plan d’action fédéral sur la résistance et le recours aux antimicrobiens au Canada ».

En aout 2017, le gouvernement du Canada a publié « Lutter contre la résistance aux antimicrobiens et optimiser leur utilisation : un cadre d’action pancanadien ». Ce nouveau cadre s’appuie sur 4 piliers : la surveillance, la prévention et le contrôle des infections, l’intendance et la recherche et l’innovation.

Les orientations en surveillance proposées dans ce cadre pancanadien sont les suivantes :

  • Participer avec les intervenants pour assurer une coordination à tous les niveaux de systèmes de surveillance complets et robustes avec des objectifs définis et la capacité requise pour la collecte de données sur la RAM et l’UAM.
  • Établir des plateformes et des mécanismes coordonnés afin notamment d’associer les données de RAM et de l’UAM provenant des secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’agriculture.
  • Améliorer la coordination des orientations techniques pour la collecte de données, leur compilation et leur comparaison, notamment par l’élaboration de définitions normalisées de la RAM et des microorganismes prioritaires chez les humains et les animaux.

La mise en œuvre de ce plan en santé animale est actuellement à l’étude par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et fera l’objet d’un plan d’action d’ici 2019.

Une Politique gouvernementale de prévention en santé au Québec

En octobre 2016, le gouvernement du Québec s’est doté d’une Politique gouvernementale de prévention en santé (PGPS). Sa mise en œuvre a été annoncée en mars 2018 dans le Plan d’action interministériel 2017-2021. La Politique traduit l’engagement de 15 ministères et organismes, provenant de divers secteurs d’activité, à favoriser davantage la santé et prévenir des problèmes évitables par la complémentarité, la synchronisation et la cohérence de leurs interventions.

L’un des 11 objectifs de cette politique est de  réduire et contrôler les risques associés à l’antibiorésistance afin de prévenir efficacement les infections. Plus spécifiquement, cette politique vise à effectuer une gestion intégrée des antibiotiques afin d’en assurer l’utilisation judicieuse dans les secteurs de la santé humaine et de la santé animale (mesure 4.4).

Le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) et le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) auront à collaborer pour mettre en place des mécanismes de gouvernance commun ainsi que certaines des actions prévues dans leur plan d’action respectifs sur l’antibiogouvernance.

Par l’entremise du CESA, la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, possède l’expertise, tant au niveau scientifique, technologique que professionnel pour contribuer au plan d’action sur l’antibiogouvernance du MAPAQ.

 

Le mandat du MAPAQ confié au CESA consiste à :

  • Produire une étude de faisabilité d’un système de surveillance de l’usage des antibiotiques dans les pirincipales espèces animales qui tiendra compte des points suivants :
    • Recensement des systèmes de monitorage à l’échelle mondiale;
    • Recensement des projets en cours au Canada et au Québec et des opportunités d’arrimage;
    • Plan d’action pour consolider les projets en cours et les faire évoluer vers un système de monitorage récurrent;
    • Tenir compte des aspects scientifiques, technologiques, sociaux et économiques.

Ce travail s’arrime avec la Politique bioalimentaire (2018-2025) qui propose de renforcer les initiatives visant la prévention de l’antibiorésistance et l’utilisation judicieuse des médicaments ainsi qu’avec les travaux sur l’antibiogouvernance de la Statégie québécoise de santé et bien être des animaux.

 

Liens utiles :

Autres liens sur les programmes d’antibiosurveillance

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L’antibiorésistance dans les médias :